• Anthologie d'idées reçues en économie

    Franck Dedieu, Emmanuel Lechypre et François de Witt, tous du journal l'Expansion, viennent de publier 150 idées reçues sur l'économie. Avec pour slogan « Arrêtez de vous faire enfumer ! ».

    Moi j'ajouterai : Arrêtez de nous rouler ! Car sur les 150 idées reçues, beaucoup (possiblement 101, je n'ai pas regardé dans le détail) ont déjà été publiées, par les mêmes, dans un ouvrage datant de 2007 : 101 idées reçues sur l'économie, cela ne s'invente pas...

    De plus, aucune fiche n'est datée. Même si parfois, à la lecture, on peut déduire la date, c'est gênant.

    Bref. Ce qui m'interpelle, ce sont les raisonnements parfois maladroits, ou bien maladroitement exposés. Voici deux exemples.

    Exemple 1 : La mondialisation aide à sortir de la pauvreté (n°45)

    Franck Dedieu conteste l'idée. La pauvreté, dit-il, se réduit surtout en Chine ; en Inde elle recule peu et augmente même en Afrique noire.

    Pour l'expliquer, il cite le président du Cepii (Centre d'études prospectives et d'informations internationales), Michel Fouquin. Ce dernier dit que « Les gagnants de la mondialisation [...] ont tous un point commun : ils exportent dans plusieurs secteurs ».

    Moi je comprends : la mondialisation réduit bel et bien la pauvreté, à condition de s'y insérer suffisamment et de façon efficace. Ce n'est pas tout à fait la même chose, car on commence par croire que la mondialisation ne sert à rien. (On pourrait d'ailleurs objecter que le recul de la pauvreté, en Chine seule, est déjà un beau succès.)

    Exemple 2 : La concurrence profite toujours aux consommateurs (n°147)

    Voilà une réfutation qui interpelle n'importe quel libéral ! Mais la démonstration paraît bien tordue. En effet, la concurrence étant contraignante pour les entreprises, celles-ci peuvent s'entendre pour la limiter. Emmanuel Lechypre à l'inspiration de faire cette citation : « Nos concurrents sont nos amis, nos clients nos ennemis. » Voilà qui résume bien les buts d'un cartel.

    Mais précisément, le cartel est le contraire de la concurrence. Les défauts qui sont les siens ne sont donc pas ceux de la concurrence... Ce qu'il aurait été plus juste de dire, c'est que le marché ne crée pas toujours les situations où la concurrence est la plus forte, réalité effectivement défavorable aux clients. Cela n'équivaut pas, toutefois, à dire que la concurrence elle-même ne profite pas toujours aux consommateurs...

    Il y a une autre possibilité. Le titre est maladroit ; l'auteur ne voulait pas dire que la concurrence n'était pas toujours favorable aux consommateurs, mais bien qu'elle n'était pas parfaitement garantie par le marché. C'est quand même embêtant.

    Néanmoins, il y a loin qu'il n'y ait que des mauvaises choses. Sont notamment intéressantes les notices - presque toutes nouvelles - concernant la crise actuelle. Mais ce sera l'objet d'un prochain billet du Salon des lectures.  

    Lire la suite >


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :