• Déception démocratique

    Tocqueville :

    La démocratie étend la sphère de l'indépendance individuelle, le socialisme la resserre. La démocratie donne toute sa valeur possible à chaque homme, le socialisme fait de chaque homme un agent, un instrument, un chiffre. La démocratie et le socialisme ne se tiennent que par un mot, égalité ; mais remarquez la différence : la démocratie veut l'égalité dans la liberté et le socialisme veut l'égalité dans la gène et dans la servitude.¹

    Rien n'est plus faux malheureusement. Tocqueville ne pouvait le voir dans le contexte de son époque, mais il faut se rendre à l'évidence : aucune nécessité de nature ne fait que la démocratie étende « la sphère de l'indépendance individuelle ».

    En effet, la démocratie est le pouvoir de la majorité. Que se passe-t-il quand cette majorité est acquise au socialisme ? C'est tout à fait démocratiquement que le socialisme peut rabougrir la liberté, il suffit qu'une majorité d'électeurs le souhaite.

    Ayn Rand était beaucoup plus lucide : « Les droits individuels ne sont pas soumis au vote populaire ; une majorité n'a pas le droit de voter l'élimination des droits d'une minorité ; la fonction politique des droits est précisément de protéger les minorités de l'oppression des majorités - et la plus petite minorité sur terre est l'individu. »²

     

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    ¹ Discours prononcé à l'Assemblée constituante, 12 septembre 1848.

    ² Ayn Rand, La Vertu d'égoïsme, Les Belles Lettres, page 169.


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