• L'endoctrinement scolaire - Introduction

    « La crise française est une crise d'intelligibilité. »

    Jacques Lesourne¹

     

    Pour Jacques Lesourne, la crise que traverse la France² provient d'une incompréhension généralisée des évolutions de notre époque : incompréhension du passage à une société de l'information, incompréhension de la mondialisation, incompréhension, enfin, des évolutions démographiques. Non seulement le défaut porte sur la nature de ces transformations, mais également sur ce qu'elles impliquent quant au si fameux « modèle français ».

    Cette crise générale d'intelligibilité rend extrêmement difficile toute adaptation. Car les enjeux n'étant pas clairement cernés, ni les remèdes correctement discernés, toute réforme apparaît comme l'insupportable remise en cause d'acquis ressentis comme uniques au monde et dépeints comme le fruit de luttes sociales plus braves les unes que les autres. Le fétichisme des moyens prend le pas sur l'intelligence des fins et, dans la crispation généralisée qui résulte, il devient presque impossible d'admettre qu'un autre modèle est possible - pour parodier un célèbre slogan.

    D'où des politiques à la petite semaine, où le rafistolage d'urgence l'emporte sur la vision d'ensemble, cependant que, bien entendu, les causes structurelles n'éyant pas été attaquées, les ennuis ne font qu'empirer. C'est pourquoi il importe d'essayer d'expliquer comment il se peut qu'un pays comme la France, pourtant non dépourvu d'intelligences, puisse s'empêtrer de la sorte dans cette impasse.

    Puisqu'il est question d'intelligibilité, c'est-à-dire de faculté de compréhension et, finalement, d'esprit critique, et puisque le mal s'étend à la Nation entière, il me semble qu'on doive interroger l'institution chargée d'instruire et d'éduquer les masses. C'est ainsi que l'on peut s'apercevoir de l'endoctrinement idéologique dont se rend coupable l'Éducation nationale.

    Cette question n'est pas neuve³. Mais de nouveaux programmes sont depuis entrés en vigueur ; il est bon d'y jeter un petit coup d'œil. C'est ce que je me propose de faire dans un série de billets prenant pour exemple le programme d'éducation civique de 5ème, et celui d'histoire de 4ème. Ce sera également l'occasion de  parler des manuels.

    Le premier billet sera publié lundi.

     

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    ¹ Le Modèle français. Grandeur et décadence, Odile Jacob, 1998, page 13.

    ² Je parle, bien sûr, de la crise générale dont souffre le pays depuis maintenant quatre décennies, et non de la crise des subprimes qui n'a rien à voir - mais qui se surajoute.

    ³ Voir, par exemple, Barbara Lefbvre, Ève Bonnivard, Élèves sous influence, Louis Audibert Édition, 2005 (que je n'ai pas lu), ou un article (en PDF, ici) du n°42 (« Manuels scolaires et passé communiste à "l'Est" et en France ») de la revue Histoire et Liberté, publiée par l'Institut d'Histoire sociale, ou encore ces articles du Monde et du Québécois libre.


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